Une fraude qui repose avant tout sur la confiance
Contrairement à certaines idées reçues, les criminels ne cherchent pas forcément à attaquer les systèmes bancaires. Leur objectif est beaucoup plus simple : s’insérer dans une relation de confiance déjà existante.
Ils savent qu’un client attend une facture. Ils savent qu’un fournisseur attend un paiement. Ils connaissent parfois le montant exact de la transaction et le moment où elle doit avoir lieu. À partir de là, il leur suffit souvent d’introduire un faux RIB dans l’échange.
La victime ne réalise généralement son erreur qu’après avoir été relancée pour facture impayée.
Comment les escrocs obtiennent-ils ces informations ?
C’est souvent la première question posée lors d’une intervention et la réponse n’est malheureusement pas toujours simple.
Dans certains dossiers, les fraudeurs ont effectivement compromis une messagerie. Ils surveillent alors les échanges, lisent les conversations et attendent le bon moment pour intervenir.
Dans d’autres situations, c’est la messagerie du client qui a été compromise. Les criminels connaissent alors les factures en attente et sont capables de créer eux-mêmes un faux échange particulièrement crédible.
Nous rencontrons également des cas où aucune compromission n’est immédiatement visible. Les fraudeurs utilisent alors des informations récupérées lors de précédentes fuites de données ou créent simplement une adresse ressemblant à celle de l’entreprise légitime.
Un détail minuscule peut suffire : une lettre remplacée, un tiret supprimé, une extension différente, une adresse Gmail utilisée à la place d’une adresse professionnelle…
Dans le flot quotidien des e-mails, ces différences passent souvent inaperçues.
Pourquoi les victimes ne détectent-elles rien ?
Après une fraude, beaucoup de personnes se reprochent de ne pas avoir remarqué l’arnaque. Pourtant, les messages utilisés sont parfois particulièrement convaincants.
Les criminels connaissent le contexte, les interlocuteurs, les habitudes de communication et parfois même les montants concernés.
Le message ne contient pas nécessairement de faute d’orthographe ou de formulation étrange.
Lorsqu’un client reçoit un e-mail lui demandant simplement de prendre en compte un nouveau RIB, rien ne paraît anormal à première vue. C’est précisément ce qui rend cette fraude aussi efficace.
Le fournisseur est-il forcément responsable ?
La réalité est plus nuancée. Le fait qu’un client ait reçu un faux RIB ne signifie pas automatiquement que la messagerie du fournisseur a été compromise.
Inversement, le fait que le client ait effectué le virement ne signifie pas non plus qu’il est nécessairement responsable de la situation.
Avant de tirer des conclusions, il est indispensable d’analyser les éléments techniques disponible afin de déterminer comment les fraudeurs ont obtenu les informations utilisées.
Que faire lorsqu’une fraude est découverte ?
La rapidité de réaction est essentielle.
Dès qu’un doute apparaît, il convient de contacter sa banque afin de signaler l’opération et d’envisager les démarches permettant de tenter de récupérer les fonds.
L’ensemble des e-mails et documents doit être conservé.
Il est également recommandé de faire vérifier les messageries concernées afin d’écarter toute compromission encore active.
Dans certains cas, l’analyse révèle la présence de règles de transfert invisibles, d’accès non autorisés ou de mesures de sécurité insuffisantes qui permettent de comprendre l’origine de l’incident.
Comprendre ce qui s’est passé
Après une fraude au faux RIB, la question n’est pas seulement de savoir où l’argent est parti. Il faut également comprendre comment les criminels ont obtenu les informations qui leur ont permis de mener l’escroquerie.
L’analyse des messageries, des échanges électroniques et des éléments techniques disponibles permet souvent de reconstituer les événements, d’identifier les failles exploitées et de sécuriser durablement les comptes concernés.
Chaque situation est différente. Une enquête technique rigoureuse est souvent le seul moyen d’établir les faits et d’éviter qu’une fraude similaire ne se reproduise.